
CHANT D’ARCHITECTURE AU BORD DE L’EAU
Au cœur d’un paysage lacustre d’une beauté saisissante, là où se dressait une villa des années 60, le cabinet Archidomo a imaginé l’intégralité d’une résidence contemporaine de plus de 1 000 m2, sculptée dans la pente, invisible depuis la route, et totalement intégrée dans son environnement naturel. Sur un terrain de plus de 6 000 m2, la villa incarne une architecture sensible et géométrique, mêlant discrétion et sophistication.

À première vue, seule une série de toits plats végétalisés émerge de la verdure, en écho au dessin géométrique d’un plan savamment réfléchi pour respecter les bâtis alentour. Pour conserver le droit à construire, les murs existants ont été partiellement sauvegardés. Une nouvelle structure en bois vient se greffer sur la maçonnerie d’origine, et l’ensemble du bâtiment a été repensé avec une reprise en sous-œuvre afin de créer un niveau en rez-de-jardin, entièrement maçonné et ancré dans le relief. L’accès se fait par le haut du terrain, via une cour discrète menant à un vaste garage enterré et un carport abrité. L’entrée, plus vitrée, s’ouvre sur un lobby guidé par un mur en pierre qui relie l’intérieur à l’extérieur. Une porte pivotante marque le seuil d’une maison pensée pour la contemplation : face à elle, un imposant bloc laqué noir accueille une œuvre d’art de Marco Grassi, masquant astucieusement dressing et ascenseur.

Côté lac, la façade s’ouvre largement par des baies protégées de brise-soleil. Un portique en pierre relie les deux étages, créant un lien entre la partie maçonnée inférieure et le niveau en bois, tout en assurant une transparence latérale et une impression de légèreté renforcée par une double poutraison et des lignes horizontales en zinc quartz. L’intérieur, quant à lui, incarne l’élégance contemporaine. L’espace réception est dominé par une cheminée suspendue habillée de céramique Mutina (collection Phenomenon). Une monumentale table Linha de Minotti en marbre, entourée de sièges Torii, structure la salle à manger. Dans la cuisine, l’îlot central Boffi en laque métallisée brune fait écho aux nuances du marbre. Une seconde cuisine professionnelle tout inox complète l’ensemble. Le mobilier Kettal sur les vastes terrasses se déploie en écho à la piscine à débordement qui semble glisser vers le lac. L’éclairage intégré 100% Light et Dark sublime chaque volume. L’air circule discrètement par des rainures au plafond, et les matériaux sélectionnés pierre, céramique, bois renforcent le lien constant entre le bâti et son décor naturel. L’escalier, accolé à l’ancien mur de soutien, désormais habillé de céramique noire Déchirer XL de Patricia Urquiola, conduit à un bar intimiste où la mosaïque se décline en reliefs et en textures. Le salon, prolongement de la façade lacustre, déploie des canapés Connery de Minotti face à une cheminée et une TV Bang & Olufsen. Un lounge-bar en rez-de-jardin joue la carte d’un confort plus feutré, dans des teintes végétales.

Le coin toilettes, quant à lui, devient une grotte minérale habillée de Gris du Marais de Salvatori, animée d’un miroir surdimensionné et de robinetteries au ton bronze. Chaque chambre d’invité révèle un univers singulier, à l’image de celle ornée de suspensions globes Cuiaba de Dark. La suite parentale, quant à elle, surplombe le lac, dissimulée derrière une paroi coulissante vitrée ADL au motif de moucharabieh métallique. Elle prolonge l’esthétique raffinée de l’ensemble, entre mobilier chêne, sanitaires Boffi et robinetteries japonaises Fantini.

Texte : GREGORY FERRANTE. Photos : @STUDIO ERICK SAILLET
